L’électricité du bâtiment couvre toutes les installations électriques qui fournissent de l’énergie dans les constructions (logements, bureaux, industriels, hôpitaux…).
Le technicien du bâtiment doit comprendre :
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les notions de base (tension, courant, puissance, résistance),
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la structure d’une installation domestique,
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le rôle du tableau électrique,
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les règles de sécurité et de normes (notamment NF C 15‑100 en France).
Ce cours donne une base solide pour lire un plan électrique, comprendre un schéma de distribution, et préparer la réalisation d’une installation sûre et conforme.
1) Notions de base de l’électricité
1.1 Tension, courant, résistance, puissance
Les grandeurs de base sont :
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Tension , en volt (V) : force qui pousse les électrons dans le conducteur.
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Intensité , en ampère (A) : quantité de charge qui passe par seconde.
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Résistance , en ohm (Ω) : opposition du matériau au passage du courant.
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Puissance , en watt (W) : production ou consommation d’énergie par seconde.
1.2 Loi d’Ohm et puissance monophasée
Exemple typique bâtiment :
– Tension domestique : en monophasé.
– Si un appareil consomme , alors .
2) Structure d’une installation électrique domestique
2.1 Schéma type de distribution
Une installation électrique domestique suit généralement cette chaîne :
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Réseau de distribution HTA/BT → Bornes de raccordement → Compteur → Disjoncteur principal → Tableau de répartition → Circuits divisionnaires (éclairage, prises, chauffage, cuisson…).
2.2 Tableau de distribution (tableau électrique)
Le tableau est le cœur de l’installation. Il contient :
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Interruption de section (disjoncteur principal ou interrupteur général),
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Disjoncteurs différentiels (30 mA, 300 mA selon la zone),
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Disjoncteurs divisionnaires (10 A, 16 A, 20 A, 25 A, 32 A…),
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Gaines de câbles et repérage des circuits.
Sur un plan, le tableau est souvent représenté par un symbole carré avec une liste de circuits, distances et sections de câbles.
3) Types de circuits en bâtiment
3.1 Circuits de base
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Circuit éclairage : 10 A minimum, câble 1,5 mm², disjoncteur 10 A.
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Circuits prises de courant : 16 A, 20 A ou 32 A selon l’usage, câble 2,5 mm² ou 4 mm².
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Circuit cuisson / four : 32 A, câble 6 mm², 30 mA.
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Circuit chauffage (radiateurs, chauffe‑eau, climatisation) : dimensionnement selon la puissance.
3.2 Rappel NF C 15‑100 (règles imagées)
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Salle de bains, cuisine : protections renforcées, prises situées à hauteur et éloignées de l’eau.
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Locaux humides : câbles de section convenable, protection différentielle 30 mA.
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Chambres, bureaux : points lumineux + prises 16 A, conformes aux surfaces et aux usages.
4) Schémas électriques de base (éclairage)
4.1 Circuit simple (interrupteur simple)
Un circuit simple comprend :
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alimentation → interrupteur → lampe → retour.
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Un interrupteur simple coupe ou établit le courant d’un seul point.
4.2 Va‑et‑vient et deux‑tiers
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Va‑et‑vient (2 interrupteurs) : permet de commander une lampe depuis 2 points (ex. entrée et fin de couloir).
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Deux‑tiers (3 interrupteurs) : commande depuis 3 points (ex. couloir avec 3 entrées).
Dans un plan, ces circuits apparaissent sous forme de schémas unifilaires avec repérage des points (lampes, interrupteurs, prises).
5) Sécurité électrique et règles de base
5.1 Risques électriques
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Electrocution (courant dans le corps),
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Brûlures (arc électrique),
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Incendie (surcharge, court‑circuit, défaut d’isolement).
5.2 Moyens de protection
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Disjoncteur différentiel 30 mA pour locaux sensibles (cuisine, salle de bains, garage).
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Sectionnement (disjoncteur général, interrupteur de section).
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Mise à la terre (PE) et équipotentialité.
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Gestion des courants de fuite (absence de défaut d’isolement, contrôles périodiques).
5.3 Règles simples à retenir
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Jamais travailler sous tension si ce n’est pas strictement encadré et habilité.
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Toujours couper avant intervention, consignation, identification.
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Respecter les sections de câbles et les régles de la NF C 15‑100.
6) Exercice d’application corrigé
Énoncé :
Une habitation de 100 m² comprend :
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1 salon (1 point lumineux + 6 prises 16 A),
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3 chambres (1 point lumineux + 3 prises 16 A par chambre),
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1 cuisine (2 points lumineux, 8 prises 16 A + 1 prise 32 A pour la cuisson),
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1 salle de bains (1 point lumineux + 1 prise 16 A).
Donner, dans une logique NF C 15‑100 simplifiée :
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Le nombre de circuits éclairage nécessaires.
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Le nombre de circuits prises 16 A.
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Le nombre de circuits spécialisés (cuisson).
Correction rapide (orientation pédagogique) :
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Circuits éclairage :
On peut tout mettre sur 1 ou 2 circuits éclairage (selon puissance totale), mais en pratique on sépare souvent :
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Circuits prises 16 A :
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Salon : 1 circuit.
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Chambres : 1 circuit pour 3 chambres (souvent permis).
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Cuisine + salle de bains : 1 circuit séparé (contraintes humidité).
→ 3 circuits de prises 16 A au minimum.
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Circuit cuisson :
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1 circuit spécialisé 32 A pour la plaque de cuisson.
→ 1 circuit cuisson.
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